(Par Juliette Figoureux)

Retour de New York juste à temps pour le traditionnel repas de noël en famille. C’est entre le boudin et le dessert que la question inévitable sort de la bouche de Mamie : « Alors, c’était comment ? »

Assez vague, plutôt chiante, voici la question type qui amène une réponse toute indiquée : « Boh, c’était bien. »

Sans aucun doute. Malheureusement, il va falloir développer. Mais comment synthétiser en quelques phrases (et avec des détails) toutes les merveilles (et les autres trucs un peu plus moches) que l’on a pu découvrir avec des yeux écarquillés?

Tou biguine : New York c’est ENORME dans tous les sens du terme. « The Big City » ou « The Big Apple » porte bien son nom, puisqu’on se sent comme des petits zizis face aux gigantesques buildings cachant le soleil.

L’odeur qui se dégage de cette ville est un doux mélange de pollution, de matière grasse, et de cette odeur spécifique au métro qu’est celle de l’urine…
Ce bloc de béton bruyant est magnifique la nuit, en particulier à Times Square où les publicités envahissent les tours, comme si la ville entière criait « Nous sommes capitalistes ! ».

C’est encore plus impressionnant vue du haut de l’Empire State Building, où l’on peut admirer un paysage extra terrestre surréaliste rempli de petits points lumineux.

Teinté de la folie des grandeurs américaine, le minimum syndical c’est un magasin sur trois étages avec escalators. Prix Nobel pour la boutique m&m’s qui a su remplir trois hectares avec ses petites boules colorées et ses produits dérivés aussi inutiles que dérisoires.

Tout ce que vous avez cru savoir sur NY est vrai, bicause : oui il y a des taxis jaunes, des School Bus, des gros flics avec des donuts et des burgers à gogo.

« Et alors, ils sont tous gros ? »

Pas spécialement, mais l’obésité reste un fléau, pas étonnant quand on voit un fast food tous les cinquante mètres et des vendeurs de hot dogs tous les dix mètres. Prendre un petit déj’ chez Mc’Do semble être une banalité, j’ai d’ailleurs failli y laisser mon système digestif. Je me suis alors mise en quête de ce qui ressemble de près ou de loin à un fruit. J’ai réussi à trouver une petite barquette contenant quatre pauvres morceaux de fruits hors saisons qui avaient un goût d’eau pour la modique somme de cinq dollars… C’est dans ces moments de grandes frustrations que l’on regrette notre chère et tendre cuisine française (je m’excuse auprès de nos amis belges, mais à part les frites et la bière…).

« Et t’as vu des stars ? »

Malheureusement non, mais j’ai vu un tas de limousines. Je m’attendais à voir un tas d’aryens siliconés au sourire Freedent White, mais pas du tout. C’est en fait un joli mélange culturel provenant des quatre coins du monde, avec des pauvres, des riches, des africains, des chinois, des mexicains, des chrétiens, des juifs… Les gens semblent vivre en harmonie, je n’ai pas vu de racisme apparent (contrairement à chez nous…). Je fus d’ailleurs agréablement surprise par l’accueil chaleureux des new-yorkais, je m’attendais à des « fuck you ! » accompagnés de « guns », mais on a plutôt droit à des « Hey guys ! How are you ? ». Ils sont polis, avenants, et beaucoup moins coincés que nous, les français…

En cette période de Thanksgiving ils n’hésitent pas à mettre le paquet pour mettre de l’ambiance dans les magasins et attirer la clientèle. Ils ont des animateurs, souvent déguisés, qui chantent, dansent, et nous souhaitent très chaleureusement un « Happy Thanksgiving ». Et bizarrement on ressort souvent avec des achats…

« Qu’est ce que vous avez fait ? »

Bah, le tour de Manhattan en passant par la Statue de la Liberté et le pont de Brooklyn. On a visité des musées plus ou moins intéressant, et là-bas aussi il y a des artistes fumistes qui osent faire des carrés noirs nommés « carré noir ». Par contre, pas besoin d’aller bien loin pour voir des vrais artistes, il suffit de prendre le métro où des chanteurs, des danseurs, des musiciens, des peintres n’hésitent pas à s’exposer pour gagner quelques dollars. Un véritable étalage d’incroyables talents!

Tou finiche : nous avons eu la chance d’assister à une messe à Harlem. Une messe capable de convertir Satan au christianisme. Nous avons pu admirer un groupe de gospel accompagné d’un pianiste et d’un batteur pour chanter à la gloire de Dieu. Une vague de frissons humidifie nos pupilles pour se souvenir que « E-very-thing-will be-all right! ».

God bless you.