(par Juliette Figoureux)

Voilà un film d’animation signé Gore Verbinski qui vaut le détour car (oh mon dieu que) c’est bien foutu (la technologie… ça me dépasse) ! La bande son vient de son pote Hans Zimmer qui n’a plus rien à prouver. Et on retrouve avec bonheur les mimiques de Johnny Depp (i lov’u baby).

Rango c’est l’histoire d’un caméléon en boîte, qui se retrouve shérif dans une vieille ville nommée Poussière, au beau milieu du désert. Un peu gauche, loufoque, et perdu, cet artiste incompris du public va devoir jouer les héros (malgré lui) pour sauver la ville des méchantes créatures et de la sécheresse. Et on la sent la sécheresse… On sent cette soif qui assèche le palais et qui empêche de cracher ; on sent cette lumière qui brûle les yeux, et ce soleil qui brûle les orteils (et on est content de siroter un Coca dégoulinant de fraîcheur dans une salle climatisée).

Vous ferez également la rencontre des habitants de Poussière (les poussiéreux ?). C’est une jolie farandole de gueules cassées, assez laids en fait : des dents en moins, une flèche dans l’œil en plus de la conjonctivite, des sortes de prostituées boutonneuses et botoxées, des nez en forme de zizis moisis, et les plus jeunes semblent très très attardés. Mais c’est ce qui rend tout ce beau monde si attachant.

Ensemble ils partiront à la recherche de l’or bleu, si rare et si précieux, et combattrons les forces du mal. On découvre ici, un film d’animation plus subtil que la moyenne au niveau de l’histoire, des dialogues, des émotions, et de l’humour. On notera également pas mal de clin d’œils destinées aux cinéphiles. Alors ne vous fiez pas au: « à partir de 6 ans », parce que quand même, y’a des petits animaux qui meurt sur un fond d’humour noir. Et qui plus est, si l’on prête attention aux dialogues on a droit à des sous-entendus douteux. Et je doute qu’un enfant de 6 ans sache ce qu’est une « mycose » (ça m’a heurté l’oreille, je sais pas pourquoi…).

Rango c’est un film où l’on passe de l’aventure, à l’humour, et de l’amoouuuur à la tristesse, en passant par l’amitié et le courage face au pouvoir, puis à la méchanceté, à la corruption et la manipulation pour finir sur la trahison. Toute cette histoire au fond, nous fait réfléchir à certaines stupidités de ce monde, mais aussi à se poser des questions existentielles, et on se dit que, parfois, le bonheur est juste sous nos yeux…